Tout commence en 1987, Yitzhak Rabin, alors ministre de la Défense, demande à Claude Lanzmann, après avoir vu Shoah, de réaliser un film sur la guerre d'Indépendance. Ce dernier refuse : « Il y a en fait deux récits possibles de cette guerre, le récit israélien et le récit arabe. Il n'est pas possible d'entrer dans les raisons des deux camps en même temps, sauf à faire de très mauvais films ».
À la place, Claude Lanzmann propose à Yitzhak Rabin un film sur « la réappropriation de la force et de la violence par les Juifs d'Israël ». Le ministre de la Défense accepte et une grande aventure militaire commence alors pour Claude Lanzmann. À 67 ans, le réalisateur devient soldat : il embarque à bord d'avions de chasse Phantom et F-16 supportant jusqu'à 7 g, il conduit des chars Merkava, participe à des manœuvres combinées en plein désert 48 heures sans interruption…
Il brosse le portrait d’une armée à nulle autre pareille, hantée par la survie des hommes, la survie de toute une nation nourrie par « la peur de l’anéantissement ».
Dans ses mémoires, Claude Lanzmann résume cette pensée en citant Salmen Lewental : « La vérité, écrit-il, c’est qu’on veut vivre à tout prix, on veut vivre parce qu’on vit, parce que le monde entier vit. Il n’y a que la vie… ».
On comprend, avec TSAHAL, que pour les jeunes soldats israéliens, le sang versé et le privilège accordé à la vie et à sa préservation à tout prix sont des éléments fondamentaux qui expliquent les tactiques militaires spécifiques de l'armée israélienne.